
La douleur physique
La grande majorité de mes patients consulte pour des douleurs qui ont fait leur apparition sans élément déclencheur précis. Ces douleurs spontanées ont pu débuter très graduellement sur une période difficile à définir, ou bien soudainement un matin au réveil. Le fait qu'il n'y ait pas eu d'accident clair justifie difficilement la présence d'une blessure traumatique. Dans ce cas, on parle d'une douleur atraumatique ou douleur idiopathique (du grec idios [de soi] et pathos [souffrance]).
De nombreux diagnostics médicaux se retrouvent dans la catégorie des douleur idiopathiques et c'est ici qu'il devient utile d'apprendre un peu sur les bases de la terminologie médicale.
Pour simplement décrire la localisation de la douleur, il y a tous les termes qui se terminent par -algie (du grec algos [mal]):
-
Lombalgie (douleur lombaire);
-
Brachialgie (douleur au bras);
-
Cervicalgie (douleur cervicale);
-
Gonalgie (douleur au genou);
-
Fibromyalgie (douleur chronique aux tissues connectifs fibreux et aux muscles).
Pour décrire une zone qui pourrait présenter de l'inflammation, on utilise le suffixe -ite (du grec itis [inflammation]):
-
Tendinite (inflammation au tendon);
-
Épicondylite (inflammation à l'épicondyle du coude);
-
Arthrite (inflammation à l'articulation);
-
Capsulite (inflammation aux ligaments de l'épaule);
-
Périostite (inflammation au périoste, enveloppe extérieure de l'os);
-
Fasciite plantaire (inflammation au fascia plantaire);
-
Boursite (inflammation à la bourse);
-
Myosite (inflammation chronique aux muscles).
Si la zone en question ne présente pas d'inflammation, mais qu'il peut exister tout-de-même des changements au niveau microscopique, tels que de l'usure, des cellules dénaturées, des poussées de nerf là où il ne devrait pas en avoir ou un coincement mécanique, les suffixes -ose ou -pathie peuvent être employés (du grec pathos [maladie]):
-
Arthrose (maladie de l'articulation);
-
Tendinose ou tendinopathie (maladie du tendon);
-
Discopathie (maladie des disques intervertébraux);
-
Neuropathie (maladie du nerf);
-
Radiculopathie (coincement du nerf au niveau de la colonne vertébrale).
Le terme syndrome peut également être utilisé:
-
Syndrome du tunnel carpien (nerf médian coincé dans le tunnel carpien du poignet)
-
Syndrome du défilé thoracique (nerfs ou artères coincés entre le cou et l'épaule)
-
Syndrome patellofémoral (rotule qui ne bouge pas correctement)
-
Syndrome d'abutement sous-acromial (espace réduit entre les os de l'épaule)
-
Syndrome de la coiffe des rotateurs (douleur aux muscles stabilisateurs de l'épaule)
-
Syndrome de la bandelette iliotibiale (douleur au genou externe)
-
Syndrome de douleur myofasciale (douleur au muscle).
Le terme dysfonction décrit des situations bien génériques:
-
Dysfonction articulaire (articulation qui ne bouge pas bien);
-
Dysfonction musculaire (muscle qui ne fonctionne pas bien).
Enfin, certaines conditions ne suivent pas de terminologie spécifique:
-
Hernie discale
Bien évidemment, toutes les conditions mentionnées ci-haut peuvent résulter d'un accident, mais elles se développent en majorité dans des contextes plus nébuleux, ou atraumatiques, tels qu'une mécanique fautive (coincement de l'articulation, un muscle trop faible ou trop fort) ou la dégénérescence due à l'âge ou une maladie. Puisqu'on ne parle pas de structures endommagées, ces structures ne bénéficieront pas du processus de guérison tel qu'on le connait dans les blessures traumatiques. Ainsi, sans la correction de la mécanique fautive ou l'adoption de stratégies pour freiner ou compenser la dégénérescence, les chances sont faibles quant à l'amélioration de la condition ou de la douleur. En effet, nombreux sont les personnes qui vivent avec la même douleur pendant des années ou des décennies.
Ces conditions peuvent également se développer dans un contexte d'usure très lent avec le temps, dit semi-traumatique.
